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Maman! J’aime pas ça!!

Cette phrase vous est familière ? Les repas sont difficiles? Votre enfant refuse de goûter les nouveaux aliments? Il clame qu’il n’aime pas un aliment sans même y avoir goûté?

 

Crédit photo : Foter

Votre enfant n’est peut-être pas difficile, mais plutôt néophobe!

Néo-quoi?

Néophobe, c’est-à-dire qu’il a peur des nouveaux aliments. Et cette peur est tout à fait normale chez les jeunes enfants. Voici plus en détails ce qu’est la néophobie alimentaire.

C’est quoi la néophobie alimentaire?

La néophobie alimentaire est la peur des nouveaux aliments. C’est un comportement normal chez les jeunes enfants. En fait, environ 75% des enfants de 2 à 10 ans auraient des comportements associés à la néophobie alimentaire, à divers degrés. La néophobie alimentaire se traduit par divers comportements tels que :

  • observer, sentir les aliments;
  • trier les aliments dans l’assiette;
  • refuser de goûter, tourner la tête;
  • mâcher longuement;
  • recracher;
  • vomir si forcé d’avaler un aliment.

 

Quelles sont les causes?

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ce comportement chez les enfants :

  • la période du non : les enfants traversent la plupart du temps une période où ils disent “non” à tout, incluant à la nourriture! Cela pourrait coïncider avec cette période plus ou moins longue de néophobie alimentaire;
  • la recherche d’autonomie : vers l’âge de 2-3 ans, les enfants veulent être autonomes et faire des choix par eux-mêmes. Il pourrait être normal d’observer les enfants de cet âge vouloir faire leurs propres choix alimentaires et dire non à la nouveauté;
  • la recherche de sécurité en période de changements : les jeunes enfants peuvent vivre plusieurs changements, tels qu’un déménagement, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, une séparation des parents, un changement de groupe à la garderie ou à l’école, etc. Pendant ces périodes de changements, ils ont besoin de sécurité, de stabilité et de se créer des repères. L’alimentation deviendra donc cette sécurité recherchée et ils auront tendance à n’accepter que les aliments connus et appréciés;
  • Mécanisme de survie : les enfants pourraient rejeter les nouveaux aliments par peur qu’ils soient toxiques. Ce serait un vieux réflexe ancestral.

Qu’est-ce que je peux faire pour aider mon enfant?

Il est possible d’atténuer ces comportements en aidant notre enfant dans la découverte des nouveaux aliments.

  • Familiarisation et persévérance : ça peut prendre jusqu’à 15 expositions avant qu’un enfant n’accepte de goûter à un nouvel aliment. Il ne faut donc pas se décourager et continuer à offrir une variété d’aliments à nos enfants, sans faire de pression pour qu’ils goûtent ou prennent une bouchée.  Plus un enfant aura l’aliment dont il a peur dans son assiette, plus il se familiarisera avec et moins il le craindra. Il acceptera éventuellement d’y goûter et peut-être même va-t-il l’apprécier!

 

  • Présentation : un même aliment n’est pas le même aliment pour un enfant s’il est servi différemment. Par exemple, une crème de champignons, des champignons crus et des champignons sautés sont 3 aliments différents pour les enfants. Ne vous attendez donc pas à ce que votre enfant accepte des champignons crus dès la première exposition s’il aime la crème de champignons!

 

  • Cadre agréable : assurez-vous que les repas se déroulent dans une ambiance agréable et ne forcez surtout pas votre enfant à goûter un aliment, n’insistez même pas! Ça pourrait même avoir l’effet contraire et augmenter sa néophobie envers l’aliment en question. L’enfant doit goûter à l’aliment quand il se sent prêt à le faire. Il vivra une expérience beaucoup plus agréable et plaisante!

 

  • Modèle : hé oui! Si vous, les parents, vous mangez une variété d’aliments avec plaisir, votre enfant aura tendance à vous imiter. Servez donc de modèle positif en goûtant de nouveaux aliments!

 

  • Faire participer les enfants : les enfants qui jardinent, qui font les courses avec leurs parents, qui cuisinent, qui manipulent les aliments, etc. ont la chance de se familiariser avec les aliments moins connus avant qu’ils ne se retrouvent dans leur assiette. Les faire participer peut donc aider à diminuer la néophobie alimentaire lors des repas.

 

  • Le bon vocabulaire : utilisez les bons mots pour décrire les aliments, ce qu’ils sentent, leur texture, leur couleur, etc. Encore une fois, des discussions sur les aliments permettent aux enfants de se familiariser et de mettre des mots sur ce qu’ils apprécient ou pas.

 

  • Pas de camouflage : évitez de cacher des aliments dans des recettes (par exemple, mettre de la purée de courge dans une sauce blanche), sans le dire. L’enfant doit savoir ce qu’il y a dans son assiette et il doit également pouvoir vous faire confiance. Si vous cachez un aliment et qu’il s’en rend compte, il pourrait être fâché et perdre sa confiance en vous.

 

  • Gratifier les efforts : lorsque votre enfant accepte (enfin!) de goûter à un aliment jusque là refusé, félicitez-le et soulignez ses efforts. Il sera plus tenté de recommencer l’expérience!

 

Le plus important est de faire confiance à votre enfant. Servez-lui des repas variés et équilibrés et soyez vous-même un bon modèle. Au fil du temps, la néophobie va s’atténuer et il va accepter et apprécier un plus grand nombre d’aliments!

Et s’il est vraiment difficile?

Certains enfants peuvent être vraiment difficile. Les comportements qu’ils ont sont cependant un peu différents de ceux d’un enfant néophobe. Un enfant difficile va accepter de goûter de nouveaux aliments, la plupart du temps sans peur, mais la variété des aliments qu’il accepte ensuite et aime est plutôt limitée. Il apprécie seulement quelques aliments et rejette les autres, après les avoir goûté. Les trucs proposés ci-haut peuvent également aider un enfant difficile à accepter une plus grande variété d’aliments.

 

Ne vous découragez pas! Votre enfant finira bien par accepter une plus grande variété d’aliments!

 

Sources :

  • Nos petits mangeurs : La néophobie alimentaire (consulté le 6 mars 2020)
  • Dovey M. T., Staples P. A., Gibson E. L., Halford J. C. G. (2008). Food neophobia and “picky/fussy” eating in children : a review, Appetite, Volume 50, p. 181-193.
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